Paris. Montréal. L'Harmattan.
Collection Racines du présent. 1997. 2. vols., 994 pages.
| Ismaël Barry est né à Dounet, Mamou, en République de Guinée. Il est actuellement professeur au Département d'Histoire de l'Université de Conakry. Diplômé de l'Institut Polytechnique de Kankan (Guinée), et titulaire d'un doctorat d'Histoire nouveau régime de l'Université de Paris VII, il a une expérience professionnelle de près de vingt ans d'enseignement et de recherche au sein de l'université guinéenne. Il est par ailleurs membre fondateur de l'Association des Historiens de Guinée. | ![]() |
| Alors que l'Etat précolonial du Fuuta-Jaloo était un des plus solidement constitués de l'Afrique de l'Ouest, dont le territoire était inviolé depuis près d'un siècle, et dont l'influence ne cessait de s'étendre sur les pays voisins, comment se fait-il qu'à la différence des états omarien ou samorien, il n'ait pratiquement opposé aucune résistance sérieuse à la conquête coloniale française ? Comment les contradictions internes à cette société fondée sur l'esclavage et très hiérarchisée, et notamment les luttes acharnées entre factions rivales pour le pouvoir, ont facilité cette conquête ? L'auteur aborde ces questions, et cerne aussi les conséquences de la mise en place du pouvoir colonial ; l'intrusion coloniale a provoqué des mutations sociales irréversibles mise au travail productif des hommes libres, fin progressive de l'esclavage, nouvelle forme de paupérisation, exode, fuites, et finalement recul démographique. Tout ceci aurait pu être abordé de front, sous la forme de l'analyse des changements sociaux ; mais l'auteur a préféré mettre l'accent, de façon approfondie, sur l'histoire détaillée des modalités de la confrontation et de l'évolution des pouvoirs politiques. Le champ documentaire est large : cartographie originale, iconographie exemplaire, archives de l'époque coloniale, témoignages et textes littéraires... La période coloniale avait été jusqu'ici peu abordée, et cette étude de la conquête du Fuuta et de la mise en place de l'administration coloniale française de 1880 à 1920, comble un vide historiographique. |