Après l'assassinat d'Almamy
Sadou, le fossé qui
séparait les deux partis soriya et alfaya s'élargit davantage.
La haine et l'inimitié s'installèrent dans les coeurs des Sédiyankés
qui, pour le pouvoir, se combattirent avec acharnement. Chaque parti recruta
des soldats parmi les esclaves capturés au cours des guerres victorieuses
contre les fétichistes. Les armes et les munitions, achetées à l'étranger
pour supprimer les infidèles, leur servirent à s'entre-tuer.
A partir de cette date, la Constitution ne fut plus respectée et le pouvoir
revint au plus fort.
Dès l'enterrement de l'Almamy Sâdou, les Alfaya invitèrent
Alfa Saliou à s'installer au trône. Celui-ci, dégoûté et
exaspéré par ce qu'il avait lui-même organisé, abdiqua,
rejetant à jamais « les questions de gloire », pour se consacrer
au culte de Dieu.
Ce fut donc son frère puiné, Abdoulaye Bademba,
qui accepta de lui succéder.
Très courageux, avec une formation très solide et ayant des grands
desseins, il monta au trône avec la ferme résolution de redresser
une situation qui n'était que trop détériorée. Il
renouvela tout le personnel des chefferies de province (diiwe), réorganisa
la justice afin de supprimer les crimes qui se multipliaient dans le pays. Son
succès fut éclatant dans tous les domaines et les chroniqueurs,
même de nos jours, le citent en exemple de bonté, de piété et
d'équité. (Thierno
Mamadou Bah
Sources
1. Thierno Mamadou Bah
2. Thierno Diallo
3. Louis Tauxier
4. Joseph Harris